Cézanne 2006
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L'exposition Cézanne en Provence a fermé ses portes le 17 septembre 2006.
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1861-1871
Le centre de gravité de la création cézannienne est alors Paris où Cézanne rencontre le groupe de ceux qu’on appellera impressionnistes après 1874. En Provence, le lieu de référence est le Jas de Bouffan, particulièrement «Le Grand Salon». Cézanne y peint à même le mur, des tableaux d’un romantisme exacerbé, ou de grands paysages proches des compositions décoratives du XVIIIe siècle. Le repli sur L’Estaque en 1870-1871 marque la fin de cette période.
1877 - 1882
Après une longue interruption, les séjours se font de manière irrégulière en Provence mais révèlent une même démarche : si la touche reste impressionniste, les compositions obéissent à une autre logique. Il «découvre» que la réalité provençale modifie son regard, la couleur s’imposant dans la nature, les arbres, rochers et mer l’entraîne vers des compositions structurées. Durant cette période il réside particulièrement à l'Estaque.
1882–1888
L’Estaque, Gardanne, le Jas de Bouffan, Montbriant correspondent aux lieux retenus pour la peinture de paysage. Durant ces cinq années Cézanne fait de la Provence son enjeu pictural. Le Jas de Bouffan est exploré à partir du fond de l’allée des marronniers, la colline de Bellevue donne un point de vue inattendu sur Sainte-Victoire qui devient un des grands motifs cézanniens. Gardanne, à quelques kilomètres d’Aix permet des compositions précubistes en référence aux compositions des peintres italiens. Point n’est besoin d’aller à Rome : le paysage provençal décline le vocabulaire du paysage classique que Poussin et Le Lorrain ont exploité en Italie.
1888-1900
Une nouvelle période d’errance pour le peintre (Paris, La Franche-Comté, la Suisse, la Haute-Savoie, l’Ile-de-France, Paris…) mais aussi la rencontre d’un autre motif Château-Noir et les carrières de Bibémus : la demeure aux résonances gothiques dans un cadre de falaises abruptes, de bois de pins tordus, de buissons incontrôlés permettent à Cézanne d’ordonner un certain chaos autant intérieur qu’extérieur. Les carrières de Bibémus, marquées par les travaux de l’homme venu y chercher les pierres de la ville d’Aix, évoquent une archéologie ancestrale encore plus ancienne que celle signifiée par le Colisée.
1900-1906
Les dernières années de la vie du peintre s’organisent autour d’Aix-en-Provence. L’atelier en ville (rue Boulegon) ne correspond pas à son projet de grandes baigneuses, le peintre se construit un véritable atelier sur la colline des Lauves. Cézanne arrive à une synthèse encore jamais atteinte entre lumière, couleur, composition, figuration dont les dernières natures mortes, les derniers portraits (Vallier), les dernières grandes baigneuses, les dernières Sainte-Victoire sont l’expression.