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Un motif étourdissant se développe du côté du levant : Sainte-Victoire et les rochers qui dominent Beaurecueil.
J’ai dit : «Quel beau motif».
Lettre à Zola, 14 avril 1878
La montagne Sainte-Victoire, motif cézannien par excellence, est présente dans plus de 80 œuvres, de 1870 à 1906. La montagne devient un réel enjeu de peinture pour Cézanne à partir de 1885-1886. Au départ, les Sainte-Victoire sont encore lointaines et inaccessibles. Peu à peu, le peintre s’approche de son motif par la route du Tholonet. Dans les dernières années, il n’y a plus que lui et elle. Le peintre concilie sur sa toile les couleurs chaudes et froides, joue des complémentaires, maçonne son paysage de façon abstraite, ne cherche plus à «figurer» une campagne harmonieuse mais à composer une œuvre qui se pose parallèlement à la nature pour exister par elle-même. Avec ces Sainte-Victoire, Cézanne va transformer le regard du monde sur ce lieu. De «nature», la montagne devient «objet d’art» et appartient au «patrimoine de l’humanité».
Lorsque Picasso s’installe au château de Vauvenargues sur le versant nord de la montagne, il dit à son marchand :
Je viens d’acheter la Sainte-Victoire de Cézanne.
Laquelle ?, répond le marchand.
L’originale, réplique Picasso.
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