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Je m’occupe toujours à la peinture. J’ai ici de beaux points de vue, mais ça ne fait pas tout à fait un motif. Néanmoins au soleil couchant, en montant sur les hauteurs, on a le beau panorama du fond de Marseille et les îles, le tout enveloppé sur le soir d’un effet très décoratif.
Lettre à Zola, 24 mai 1883

Le site de l’Estaque marque de son empreinte la première moitié de l’œuvre de Cézanne. Il y fait de nombreux séjours entre 1869 et 1890. C’est le champ d’investigation privilégié qui voit en Provence le développement de son style des premières années jusqu’à la plénitude ultérieure. Le contact avec l’impressionnisme et Pissarro en particulier, vers 1872, oriente son travail vers une recherche sur la touche et un éclaircissement de la palette.
Contrairement au désir des impressionnistes de saisir l’instant, de fixer les fugaces vibrations de la lumière, Cézanne s’attache déjà aux permanences. En 1882, Renoir et Cézanne travaillent ensemble sur le motif. Autant pour le premier, le paysage alentour est vaporeux, presque doux, autant le second veut structurer sa vision, de la composition générale au détail de la touche.
Cézanne poursuit son évolution avec rigueur et opiniâtreté vers une touche plus structurante. Peu à peu, la mer, les toits, les murs ne vibrent plus d’une vision atomisée de la touche, l’impressionnisme est dépassé. La composition cézannienne lie chaque élément dans une implication telle que naît le sentiment d’un équilibre parfait.
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