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Vous avez aussi pratiqué l’aquarelle. Celle-ci vous a conduit à être plus spontané, plus libre à rechercher des ellipses, à styliser davantage. […] J’en apprécie singulièrement la fluidité, la légèreté. Elles donnent à voir une réalité moins dense que les toiles, mais elles possèdent un encore plus grand pouvoir de susciter l’émotion, font d’avantage appel à l’imaginaire. Elles ont aussi pour la plupart un caractère d’ébauche. Et contrairement au «fini» au «léché», qui est morne, privé de vibrations, l’inachevé est mieux à même de communiquer la palpitation de la vie. Il laisse à l’œuvre la marge d’un possible devenir et demeure en accord avec l’inévitable imperfection liée à toute entreprise humaine.
Charles Juliet, Un grand vivant, Flohic Editions, 1997
Le renouvellement de l’aquarelle en France au XIXe siècle est dû à la redécouverte des peintres de paysage anglais (Bonington, Turner). Après Delacroix et Granet, Cézanne pratique ce genre de manière assidue. Quand il découvre l’impressionnisme avec Pissarro dans les années 70, l’aquarelle se révèle un moyen d’expression privilégié, d’une exécution rapide et claire. Dans les années de maturité, elle atteint avec Cézanne un sommet inégalé : les touches deviennent rares et abstraites, la technique éblouissante d’épuration et de légèreté, elle saisit une subtilité d’émotion visuelle qui révèle l’essence même du motif.
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