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Te souviens-tu du pin qui, sur le bord de l’Arc planté, avançait sa tête chevelue sur le gouffre qui s’étendait à ses pieds ? Ce pin qui protégeait nos corps par son feuillage de l’ardeur du soleil, ah ! puissent les dieux le préserver de l’atteinte funeste de la hache du bûcheron !
Lettre de Cézanne à Zola, 1er avril 1858

Cézanne soucieux de trouver sa voie, de «faire de l’impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées» trouva de fait en Provence des structures géologiques dans le paysage, des couleurs dans les terres et dans le ciel, des transparences dans les sous-bois… dont il sentait le besoin dans le processus créateur qui devenait le sien. Montagnes, arbres et rochers attendaient un peintre comme lui pour devenir peinture.
Cézanne n’est plus alors un peintre inscrit dans une tradition d’imitation de la nature. Il compose et construit des paysages, certes reconnaissables par rapport aux motifs devant lesquels il plante son chevalet, mais ce qu’il entend peindre, c’est un équivalent artistique à la nature, «une harmonie parallèle à la nature».
La Provence de Cézanne ? Le pin, les bosquets d’arbres sur des terres ocre, voire rouges, les chemins rocailleux sentant le thym, les champs plus ou moins brûlés de soleil : Cézanne ne devait jamais se lasser de peindre ces «motifs» qui à l’instar des chênes et bouleaux de l’Ile-de-France devaient signifier la spécificité de son terroir.
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